Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 08 mars 2019

Le temps des émotions

Il ne reste que l’émotion lorsque le langage est surveillé et la pensée cadenassée. Elle sert à exprimer ce qui ne peut être dit parce que c’est interdit. L’émotion est une des formes d’expression de l’impuissance.

21:36 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 18 février 2019

Un homme nouveau

On croyait être sorti du mythe de l’homme nouveau, mais on y est revenu par la voie paradoxale de la déconstruction.

00:14 Publié dans Politie | Lien permanent

vendredi, 18 janvier 2019

Une terreur virtuelle

On ne vit pas seulement une transition historique, mais aussi une révolution qui n’a peut-être pas de précédent dans l’Histoire parce qu’elle se fait au moyen d’une terreur virtuelle.

16:12 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 24 novembre 2018

Ce qu'il reste des vertus théologales

Des trois vertus théologales, il ne reste plus guère que la charité, la foi s’étant perdue et l’espérance éloignée. Et qu’est donc la charité sans la foi ni l’espérance ? De la compassion.

09:47 Publié dans Faux-semblants | Lien permanent

jeudi, 15 novembre 2018

Un nouveau Moyen Age musical

Il existe une correspondance entre la forme de la musique et la conception du temps. Ainsi la forme répétitive de la musique médiévale répondait-elle à une conception cyclique du temps, notamment assise sur le cycle des saisons et sur ceux de la liturgie chrétienne. En revanche, la musique répétitive contemporaine paraît à contretemps d’une conception linéaire du temps, liée non pas à l'idée du Salut mais à celle du Progrès, à moins de la regarder comme symbolique d’une crise de la modernité. En ce cas, on pourrait parler d’un nouveau Moyen Age musical.

14:24 Publié dans Clef de sol | Lien permanent

dimanche, 14 octobre 2018

De la correction politique

L’élargissement du monde est aussi un rétrécissement qui explique la logique de la correction politique. Une forme dégradée de la politesse s’impose presque d’elle-même dans un monde réduit aux dimensions d’un grand salon.

10:08 Publié dans Civilisation | Lien permanent

vendredi, 28 septembre 2018

De la misanthropie comme droit de l'homme

La misanthropie devrait être reconnue comme un droit de l’homme avant qu’il ne soit trop tard.

10:19 Publié dans Divertissement | Lien permanent

mardi, 28 août 2018

Basse politique

Beaucoup de faits politiques se situent en dessous du simple fait divers.

10:44 Publié dans Politie | Lien permanent

dimanche, 05 août 2018

Le goût d'Ozu

Le Goût du saké montre la résolution à contrecœur d’un père veuf qui pousse sa fille à se marier pour qu’elle ne devienne pas une vieille fille. Il y a dans ce dernier film d’Ozu un concentré de toute son œuvre, de son style pictural et géométrique (caractérisé par une succession de plans fixes, centrés ou parfois décentrés), de son regard doux-amer sur un Japon traditionnel qui disparaît (entre la réduction de la famille étendue et le développement de la société de consommation). Ozu a su être le cinéaste de la transition historique du Japon d’après-guerre avec des principes formels tendant à l’intemporalité artistique. C’est dans cette dualité que réside la grandeur du réalisateur de Voyage à Tokyo.

La matrice de son œuvre est dans ses carnets, où il se révèle philosophe autant qu’artiste. On y trouve cette excellente maxime : « Pour les choses qui n’en valent pas la peine, suivre la mode. Pour les choses importantes, suivre la morale. Pour l’art, ne suivre que soi. » Il y a chez lui du moraliste tranquille, du nationaliste résigné ou du conservateur ironique, l’ironie étant une forme sublimée de la résignation. Et au bout de cela, symbolisée par le « rien » qui figure sur sa tombe, il y a une philosophie du vide. On peut y voir une ultime ironie ou la négation de toute forme d'espérance. Ozu, que l’on croit seulement cinéaste, est un maître de sagesse.

01:52 Publié dans Kino | Lien permanent

vendredi, 27 avril 2018

Bergman vs Tarkovski

La dialectique qui se trouve au cœur de leurs œuvres respectives n’est pas la même : le duo ou le duel a la préférence de Bergman (comme au théâtre) tandis que le trio est privilégié par Tarkovski (comme sur le modèle de la trinité chrétienne). L’un met en scène des huis clos, des affrontements psychologiques, des accouchements de vérité dans la douleur ; l’autre, des intérieurs lumineux ou des paysages foisonnants, des images qu’on pourrait dire iconiques, des dialogues énigmatiques dont le sens est ouvert vers un au-delà. La métaphysique du premier est tout intérieure alors que celle du second est plus cosmique.

14:09 Publié dans Kino | Lien permanent

vendredi, 30 mars 2018

La liberté de dire ou ce qu'il en reste

Il est devenu difficile voire impossible de parler dans l’espace public des différences, ce qui est un paradoxe puisqu’on ne cesse de célébrer en même temps la Différence. Il n’est plus seulement possible d’évoquer les différences entre les hommes et les femmes, les hétérosexuels et les homosexuels ou encore entre les nationaux et les étrangers, pour prendre les trois domaines les plus sensibles. Résultat : rien n’est dit que de convenu. Par convenu, il faut entendre ce qui est admis sous un régime d’égalité et d’indifférenciation. Cela donne une nouvelle forme d’hypocrisie que l’on pourrait néanmoins rapprocher de la vieille hypocrisie bourgeoise (on professe une morale à laquelle on ne croit pas et que l’on contredit dans les faits), mais aussi de la dissimulation en usage dans les pays dictatoriaux (on tient un discours auquel on ne croit pas de peur de perdre sa position sociale voire d’être poursuivi en justice).

11:16 Publié dans Civilisation | Lien permanent

mercredi, 07 février 2018

A la gloire d'Ingmar Bergman

Persona est-il le plus grand film de Bergman ? Ce film est un miracle : il montre, à travers deux femmes opposées et pourtant fusionnelles par moments, le mal, le mal-être, la méchanceté, la souffrance, la vengeance et, au lieu d’être laid, effrayant ou répugnant, il est beau, fascinant et presque religieux. La lumière est religieuse, onirique, spectrale, et elle fait plus qu'adoucir la noirceur des sentiments ou des personnages ; elle transcende les visages, magnifie les paysages, réconcilie l’humanité avec le monde. A-t-on jamais vu un film qui soit à ce point cruel et sublime, terrible et merveilleux ? – En tout cas, rares sont les films qui présentent de tels contrastes.

11:21 Publié dans Kino | Lien permanent

lundi, 09 octobre 2017

Malaise dans le libéralisme

Le principe d’égalité, qui donnait la pénurie dans le système communiste, crée un malaise moral ou identitaire dans le système libéral.

01:23 Publié dans Politie | Lien permanent

jeudi, 31 août 2017

Chef d'orchestre ou compositeur

Un réalisateur qui ne fait pas tout ressemble plus à un chef d’orchestre qu’à un compositeur.

01:05 Publié dans Kino | Lien permanent

vendredi, 10 février 2017

Ce que Silence dit de Scorsese

Le sujet du dernier film de Scorsese - Silence - est emprunté au roman éponyme de Shûsaku Endô : la persécution des chrétiens dans le Japon du XVIIe siècle et l’obligation d’apostasie imposée même aux prêtres évangélisateurs, acculés à devenir comme des marranes chrétiens.

Scorsese prend ce détour exotique et historique pour traiter les thèmes qui lui sont chers comme la violence originelle, la solitude au sein du groupe et la rédemption par la souffrance. Mais à travers le martyre des missionnaires portugais et des autochtones convertis dans le Japon des Shoguns, il reprend et illustre aussi tous les dilemmes du christianisme : le doute ou la prière, la parole ou le silence, le sacrifice de soi ou le sacrifice de la foi.

A ces dilemmes se joint ou se superpose l’opposition de l’universel et du particulier, avec les enjeux de l’évangélisation du monde (au nom de la vérité du Christ), d’un côté, et la préservation des identités religieuses ou culturelles (comme la religion de la nature des Japonais), de l’autre. C’est sans doute parce que Scorsese n’a jamais traité aussi explicitement, aussi frontalement ces questions qu’il atteint ici à une forme d’épure cinématographique, loin de son rythme et de ses effets habituels.

Silence s’inscrit parmi les grands films religieux ou chrétiens, à tout le moins, de l’histoire du cinéma.

22:27 Publié dans Kino | Lien permanent

mercredi, 18 janvier 2017

La fonction idéologique de l'école

L’école n’apprend pas à penser le monde tel qu’il va, mais seulement à l’accepter. Elle remplit une fonction idéologique de légitimation. En ce sens, elle n’a pas changé ; c’est l’idéologie qui a changé.

23:08 Publié dans Civilisation | Lien permanent

jeudi, 12 janvier 2017

La communautarisation des sciences sociales

Le communautarisme existe dans tous les secteurs de la société, y compris celui de l’Université et de la recherche. Nombre de chercheurs en sciences sociales choisissent un sujet de recherche à raison de leur origine ou de leur sexe. Ainsi une communautarisation des sciences sociales est-elle à l’œuvre, qu’illustrent bien notamment les études de genre.

22:55 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 02 janvier 2017

Laclos ou le génie du ressentiment

Laclos était un parfait homme du ressentiment. Il se sentait toujours brimé aux armées. Mieux, à chaque brimade, il se vengeait par transposition en ajoutant une lettre supplémentaire aux Liaisons dangereuses. Il avait un talent aiguisé et peut-être même déterminé par le ressentiment. Voilà qui montre la force de celui-ci, et la remarquable opération chimique dont il est capable.

21:50 Publié dans Lettres | Lien permanent

lundi, 28 novembre 2016

L'éternel retour confirmé

L’hypothèse de l’éternel retour se trouve confirmée par l’astrophysique moderne, la psychologie du désir ou encore la sociologie électorale. Ironiquement, l’alternance politique en est une bonne illustration.

01:38 Publié dans Divertissement | Lien permanent

mardi, 16 août 2016

Céline épistolier

Dans ses Lettres à la N.R.F., Céline se montre tour à tour plaintif, mordant, truculent, injurieux, grossier, pénétré de son importance et vénal. Sans doute est-il ingrat et même injuste à l’égard de Gaston Gallimard en raison de son impatience et de sa manie de la persécution ; mais il est drôle à force d’outrance, jusqu’à faire oublier ses évidentes mesquineries, et même inventif dans ses injures ou ses formules imagées, en dépit de ses obsessions biologisantes et de ses dérapages récurrents. Pour le lecteur qui laisse de côté ses pudeurs de jeune fille, la réjouissance l’emporte sur la consternation.

23:09 Publié dans Lettres | Lien permanent