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samedi, 19 décembre 2020

Inconsistance

Les personnes inconsistantes n'aiment que le style fluide en littérature.

01:29 Publié dans Lettres | Lien permanent

vendredi, 27 novembre 2020

Le nouveau démiurge

La théorie du complot réintroduit le démiurge dans un monde sans métaphysique.

00:26 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 17 octobre 2020

La France honteuse

La France est une personne que l'on cache honteusement derrière une autre, pourtant plus petite qu'elle, qui s'appelle la République.

01:19 Publié dans Politie | Lien permanent

mardi, 06 octobre 2020

Vaine esquive

Parler légèrement d'une chose grave, c'est une manière de n'en point parler.

01:06 Publié dans Faux-semblants | Lien permanent

mardi, 22 septembre 2020

Une époque antiromantique

L'amour est un de ces rares domaines où peut exister une égalité réelle. Mais notre époque qui se veut pourtant celle de l'égalité réelle n'a rien de romantique, bien au contraire. L'amour ne lui est-il pas secrètement suspect ?

10:54 Publié dans Civilisation | Lien permanent

jeudi, 13 août 2020

Péremption

Des livres déjà lus sont comme des antidépresseurs périmés.

18:16 Publié dans Médication | Lien permanent

mercredi, 01 juillet 2020

Le mystère Satie

Le mystère Satie ou comment un compositeur amer et misérable a donné une musique légère et drolatique.

00:52 Publié dans Clef de sol | Lien permanent

lundi, 22 juin 2020

Une alliance symbolique

La Révolution française est née de l'alliance entre la mauvaise conscience et le ressentiment. Loin d'avoir rompu cette alliance symbolique, un nouvel esprit démocratique l'a renforcée en remplaçant le tiers haï par un autre sous la même qualification de privilégié.

22:03 Publié dans Politie | Lien permanent

mardi, 02 juin 2020

La nouvelle américanisation du monde

Il y a une nouvelle américanisation du monde qui tient à ce qu'est devenue l'Amérique : une nation obsédée par la question des minorités. L'Amérique n'exporte plus seulement son mode de vie ou ses produits culturels, mais aussi ses névroses qui lui viennent d'une mauvaise conscience historique.

16:35 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 01 juin 2020

Mort de Christo, l'empaqueteur au prix fort

Christo a fait sa réputation avec un concept unique : l’emballement – au sens premier de ce terme – des paysages et des monuments dans une toile blanche unie. Rien de plus simple ou de plus minimaliste, et pourtant des critiques d’art y ont vu du génie.

Ce genre d’enthousiasme est un symptôme de ce qu’est devenu l’art contemporain ; mais l’œuvre en question (si l’on peut parler d’œuvre, ne serait-ce qu’en raison de son caractère éphémère et donc volatil) symbolise en elle-même deux des travers de cet art : la dimension spectaculaire (au sens de la société du spectacle) et le renversement du rapport à la réalité (y compris artistique). D’une part, le spectaculaire – tel un mauvais trompe-l’œil – est un des moyens privilégiés par les artistes contemporains et, d’autre part, l’art est devenu (depuis Duchamp) un dialogue quasi exclusif avec l’artefact.

Christo a fait mieux – ou pis – que de détourner des objets du paysage urbain : il a inversé le rapport entre contenu et contenant en faisant de l’empaquetage d’un monument une œuvre en soi, en dépit de son caractère dérisoire ou provisoire. La difficulté est de qualifier cet empaquetage qui n’est ni un complet camouflage ni un parfait embellissement, à moins de préférer l’emballage à l’objet dans un cadeau. Quant à lui donner un sens, toutes les interprétations sont possibles, depuis la recherche des lignes primitives de l’objet empaqueté jusqu’à la dénonciation de la société de consommation. Mais c’est là que le procédé touche à l’escroquerie et plutôt deux fois qu’une, parce que l’élévation de l’emballage au rang des beaux-arts (qui est un acte de consommation suprême) s’est faite, dans ses réalisations les plus spectaculaires, au prix fort.

01:35 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent

vendredi, 22 mai 2020

La morale des apparences

La mauvaise conscience de nos contemporains doit moins à un fond de morale chrétienne qu'à un rapport malaisé avec le monde des images. A cause de cela, la représentation tient lieu de morale.

00:16 Publié dans Faux-semblants | Lien permanent

dimanche, 03 mai 2020

Un recul de la civilisation

L'appréhension des femmes dans les transports publics est un indice de ce qu'est devenue la civilisation des moeurs. La muflerie de certains hommes en est la cause et non une quelconque culture masculine qui serait la marque d'un patriarcat archaïque. Seule une dégradation ou une décivilisation des moeurs explique la pullulation des mufles et, comme elle a connu plusieurs étapes depuis les années 1960, il faudrait en faire l'histoire pour comprendre la nouvelle séquence que nous connaissons aujourd'hui.

12:32 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 13 avril 2020

L'utopie du monde d'après

De bons esprits rêvent déjà d'un nouveau monde d'après l'épidémie, caractérisé par moins d'économie capitaliste et plus de solidarité entre les hommes. A chaque crise majeure, quelle que soit sa nature, c'est toujours la même chose, toujours les mêmes espérances et, au bout du compte, toujours la même désillusion. Les mêmes esprits voient moins ce qui, d'une crise à l'autre, se renforce chaque fois un peu plus : la propension à recourir à la contrainte collective plutôt qu'à la responsabilité individuelle. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de servitude - fût-elle volontaire - que justifie le bien de l'humanité ou ce qui est regardé comme tel, sous des espèces sanitaires et bientôt environnementales.

17:38 Publié dans Civilisation | Lien permanent

dimanche, 22 mars 2020

La peur comme remède à la peste

La peur est à la fois l'alliée et l'ennemie de la peste. Cette dualité tient au double caractère de la peur : physique et psychologique, raisonné et irraisonné. Il n'y a pas qu'une peur réflexe, spontanée, irréfléchie ; il y a aussi une peur plus réfléchie, venue de l'esprit calculateur, prospectif et donc rationnel. Si l'une n'est pas maîtrisable et l'autre l'est, les deux peuvent être rebelles ou soumises. Mais en temps de peste, les peurs s'unifient et cette peur unique, massive devient volontiers conformiste, légitimiste et ratificatrice.

15:21 Publié dans Médication | Lien permanent

mardi, 10 mars 2020

Libération et enfermement

On a libéré la femme du foyer, mais on a enfermé la virilité de l’homme dans la chambre à coucher.

01:44 Publié dans Civilisation | Lien permanent

mercredi, 04 mars 2020

Les trois stades de la civilisation

Dans leurs rapports aux autres, les civilisations passent, comme les individus, par trois stades successifs : la convoitise, la conquête et la contrition. La civilisation occidentale en est au dernier stade.

01:57 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 29 février 2020

Hartung ou la griffure élevée au rang du grand art

Une grande exposition consacrée à Hartung au musée d'Art moderne de la ville de Paris permet de comprendre le sens d’une œuvre qui déconcerte par la sécheresse de son trait et le peu de place accordé à la figuration ou même à une abstraction très évocatrice.

Il faut dire qu’outre l’absence de titres et la production en série de tableaux seulement numérotés, l’artiste a mis longtemps à trouver une voie originale et belle. Les premières décennies de son travail sont marquées par des toiles rudimentaires, plus gribouillées que composées, qui le placent très en dessous des grands noms de l’abstraction comme Picabia, Kandinsky ou Mondrian. Il lui a fallu changer d’outil, de matériau et de manière pour parvenir à une forme singulière et reconnaissable entre toutes. La griffure a remplacé le gribouillis, et le baryté le celotex, pour donner une peinture qui sublime la calligraphie extrême-orientale et qui semble représenter tour à tour de la végétation morte ou des éruptions volcaniques.

L’inspiration de l’artiste reste cependant éloignée d’une réalité sensible ou seulement terrestre ; elle lui vient d’une vision du cosmos selon laquelle, pour parler comme le philosophe Büchner, tout n’est que force et matière. Les lois physiques qu’a pu évoquer et même invoquer Hartung sont obscures, profondes et conservent toute leur part de mystère. Mais il ne faut pas craindre de dire ce que l’abstraction faite mystère, sans titres évocateurs ni points de repère dans la réalité connue, peut avoir d’insatisfaisant, de frustrant, sinon de décevant. D’autant que la forme fait appel à une gestuelle ou à des techniques desquelles la grande poésie semble absente.

01:03 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent

mardi, 18 février 2020

La morale de l'émotion

La liberté laissée à l’émotion est contraire à tous les principes, aussi bien de décence que de sagesse. Nos contemporains n’en ont cure ; ils s’émeuvent sans honte ni pudeur. Pis encore : ils érigent l’émotivité en vertu.

20:06 Publié dans Moraline | Lien permanent

mardi, 14 janvier 2020

L'aplatissement du monde

L'horizon de la rédemption a été remplacé par l'horizontalisme de l'émotion.

14:40 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 04 janvier 2020

Camus heureux

L’absurde ne peut aller qu’avec l’abstention. Camus a mis du temps à le comprendre. Il s’est engagé jusqu’à l’absurde avant d’y renoncer. Il a fini désengagé, retiré, isolé, mais peut-être heureux.

00:35 Publié dans Lettres | Lien permanent