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lundi, 22 juin 2020

Une alliance symbolique

La Révolution française est née de l'alliance entre la mauvaise conscience et le ressentiment. Loin d'avoir rompu cette alliance symbolique, un nouvel esprit démocratique l'a renforcée en remplaçant le tiers haï par un autre sous la même qualification de privilégié.

22:03 Publié dans Politie | Lien permanent

vendredi, 22 mai 2020

La morale des apparences

La mauvaise conscience de nos contemporains doit moins à un fond de morale chrétienne qu'à un rapport malaisé avec le monde des images. A cause de cela, la représentation tient lieu de morale.

00:16 Publié dans Faux-semblants | Lien permanent

dimanche, 03 mai 2020

Un recul de la civilisation

L'appréhension des femmes dans les transports publics est un indice de ce qu'est devenue la civilisation des moeurs. La muflerie de certains hommes en est la cause et non une quelconque culture masculine qui serait la marque d'un patriarcat archaïque. Seule une dégradation ou une décivilisation des moeurs explique la pullulation des mufles et, comme elle a connu plusieurs étapes depuis les années 1960, il faudrait en faire l'histoire pour (faire) comprendre la nouvelle séquence que nous connaissons aujourd'hui.

12:32 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 13 avril 2020

L'utopie du monde d'après

De bons esprits rêvent déjà d'un nouveau monde d'après, caractérisé par moins d'économie capitaliste et plus de solidarité entre les hommes. A chaque crise majeure, quelle que soit sa nature, c'est toujours la même chose, toujours les mêmes espérances et, au bout du compte, toujours la même désillusion. Les mêmes esprits voient moins ce qui, d'une crise à l'autre, se renforce chaque fois un peu plus : la propension à recourir à la contrainte collective plutôt qu'à la responsabilité individuelle. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de servitude - fût-elle volontaire - que justifie le bien de l'humanité ou ce qui est regardé comme tel, sous des espèces sanitaires et bientôt environnementales.

17:38 Publié dans Civilisation | Lien permanent

dimanche, 22 mars 2020

La peur comme remède à la peste

La peur est à la fois l'alliée et l'ennemie de la peste. Cette dualité tient au double caractère de la peur : physique et psychologique, raisonné et irraisonné. Il n'y a pas qu'une peur réflexe, spontanée, irréfléchie ; il y a aussi une peur plus réfléchie, venue de l'esprit calculateur, prospectif et donc rationnel. Si l'une n'est pas maîtrisable et l'autre l'est, les deux peuvent être rebelles ou soumises. Mais en temps de peste, les peurs s'unifient et cette peur unique, massive devient volontiers conformiste, légitimiste et ratificatrice.

15:21 Publié dans Médication | Lien permanent

mardi, 10 mars 2020

Libération et enfermement

On a libéré la femme du foyer, mais on a enfermé la virilité de l’homme dans la chambre à coucher.

01:44 Publié dans Civilisation | Lien permanent

mercredi, 04 mars 2020

Les trois stades de la civilisation

Dans leurs rapports aux autres, les civilisations passent, comme les individus, par trois stades successifs : la convoitise, la conquête et la contrition. La civilisation occidentale en est au dernier stade.

01:57 Publié dans Civilisation | Lien permanent

mardi, 18 février 2020

La morale de l'émotion

La liberté laissée à l’émotion est contraire à tous les principes, aussi bien de décence que de sagesse. Nos contemporains n’en ont cure ; ils s’émeuvent sans honte ni pudeur. Pis encore : ils érigent l’émotivité en vertu.

20:06 Publié dans Moraline | Lien permanent

mardi, 14 janvier 2020

L'aplatissement du monde

L'horizon de la rédemption a été remplacé par l'horizontalisme de l'émotion.

14:40 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 04 janvier 2020

Camus heureux

L’absurde ne peut aller qu’avec l’abstention. Camus a mis du temps à le comprendre. Il s’est engagé jusqu’à l’absurde avant d’y renoncer. Il a fini désengagé, retiré, isolé, mais peut-être heureux.

00:35 Publié dans Lettres | Lien permanent

dimanche, 15 décembre 2019

La réforme permanente

Le trotskisme n’est pas mort, il est devenu réformiste. Les meilleurs héritiers de Trotski se trouvent parmi les libéraux qui ont remplacé la révolution permanente par la réforme permanente.

00:06 Publié dans Politie | Lien permanent

mardi, 10 décembre 2019

Du centrisme comme radicalisme

Le centrisme a évolué à l’inverse du radical-socialisme : il s’est mué en réformisme radical tandis que l’autre est devenu, comme par antiphrase, synonyme de modérantisme. Aujourd'hui, un centriste est le contraire d’un modéré.

00:10 Publié dans Politie | Lien permanent

mercredi, 31 juillet 2019

Jean-Jacques Henner en son musée parisien

Un hôtel particulier construit dans le style Louis XIII au XIXe siècle abrite les principales œuvres de ce peintre d’origine alsacienne qu’on peut qualifier de symboliste par défaut. Du symbolisme, il y a bien dans son œuvre : des postures de femmes le plus souvent seules et nues symbolisent des personnages ou des scènes mythologiques. Mieux encore, c’est la femme qui est sacralisée dans le plus simple appareil selon un système de représentation associant une bichromie (la blancheur nacrée des chairs et la rousseur incandescente des cheveux) à un tremblé produisant une impression de flou. Sans doute y a-t-il un abus du flou dans certains cas (voir Eglogue) ; mais il faut imaginer que le peintre l’a conçu comme un discret camouflage de la nudité (voir Le Rêve ou Nymphe endormie) et peut-être aussi comme une manière de rendre le trouble de la perception. Ce serait alors la concession à la modernité d’un artiste passé par Rome selon les usages les plus classiques et qui a trouvé une bonne partie de son inspiration dans la grande peinture italienne. Il reste que les nus de Henner, tout en s’inscrivant dans la tradition des Vénitiens, méritent pour certains d’entre eux (La Liseuse notamment) d’être regardés – positivement – comme des érotiques.

08:52 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent

jeudi, 27 juin 2019

A propos du charme de Modiano

Modiano charme par son rapport au temps, fait de nostalgie et de regret, qui, nonobstant la question de la double identité, est plus universel que particulier dans le fond. L’origine de son succès et même de son statut – certes pas usurpé, mais quelque peu gonflé – de classique contemporain ne s’explique pas autrement. D’autant que sa sensibilité délicate et névrotique à la fois s’exprime dans un style simple, presque naïf, pour ne pas dire sans relief, au contraire de celui de Balzac ou de Proust, qui ont donné de plus belles pages sur l’irréversibilité ou la fuite du temps.

09:05 Publié dans Lettres | Lien permanent

dimanche, 26 mai 2019

Ce qu'est la démocratie chrétienne devenue

Les vieux démocrates-chrétiens sont devenus des libéraux sociétaux. Ils ont remplacé l'eau bénite par le spritz.

15:02 Publié dans Politie | Lien permanent

samedi, 25 mai 2019

Toujours plus de Progrès

Tous les grands désastres contemporains sont ceux de l'idée de progrès. Il se trouve pourtant des progressistes pour croire que ces désastres résultent au contraire d'un défaut de progrès et que le progrès doit aller toujours plus loin. - Les marxistes avaient le même raisonnement devant la faillite du système communiste.

16:59 Publié dans Civilisation | Lien permanent

dimanche, 07 avril 2019

Du bel orientalisme à Marmottan

Tout commence par Ingres et sa Petite baigneuse qui donne le la de l’exposition, puisque s’y trouvent réunis tous les éléments d’un orientalisme intérieur : sensualité, enfermement et mystère ; mais on voit un demi-siècle plus tard le chemin qu’a parcouru cet orientalisme à travers Le Massage, scène de hammam d’Edouard Debas-Ponsan où les trois éléments se fondent dans la représentation d’un fantasme sexuel (une femme nue allongée sur le ventre est massée par une Nubienne aux seins nus). Mais il est un autre orientalisme, extérieur cette fois, qui se caractérise par le désert, la désolation et la lumière, dont l’un des peintres les plus remarquables est Eugène Fromentin, comme dans sa Rue Bab-el-Gharbi à Laghouat où des personnages allongés à l’ombre d’une grande lumière font penser à des corps au repos aussi bien qu’à des cadavres après un massacre. Deux orientalismes s’opposent ainsi, l’un centré sur la figure, l’autre sur le paysage, tendus respectivement vers la géométrie et la lumière. Pourtant, les deux orientalismes finissent par se rejoindre en suivant la voie de la liberté ou de la simplification des formes dans une sorte de pré-abstraction, comme dans Oriental de Kandinsky, qui est un bel assemblage de couleurs, ou Minaret à Sidi Bou Saïd de Marquet, où le bord de mer devient une réalité à deux dimensions. L’Orient qui était un autre monde n’est plus qu’un objet comme un autre pour un Occident reconstructeur ou déconstructeur de formes.

11:08 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent

dimanche, 10 mars 2019

De la mauvaise compassion

La compassion pour la maladie est devenue elle-même maladie.

16:30 Publié dans Civilisation | Lien permanent | Tags : sentences

vendredi, 08 mars 2019

Le temps des émotions

Il ne reste que l’émotion lorsque le langage est surveillé et la pensée cadenassée. Elle sert à exprimer ce qui ne peut être dit parce que c’est interdit. L’émotion est une des formes d’expression de l’impuissance.

21:36 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 18 février 2019

Un homme nouveau

On croyait être sorti du mythe de l’homme nouveau, mais on y est revenu par la voie paradoxale de la déconstruction.

00:14 Publié dans Politie | Lien permanent