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mardi, 14 janvier 2020

L'aplatissement du monde

L'horizon de la rédemption a été remplacé par l'horizontalisme de l'émotion.

14:40 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 04 janvier 2020

Camus heureux

L’absurde ne peut aller qu’avec l’abstention. Camus a mis du temps à le comprendre. Il s’est engagé jusqu’à l’absurde avant d’y renoncer. Il a fini désengagé, retiré, isolé, mais peut-être heureux.

00:35 Publié dans Lettres | Lien permanent

dimanche, 15 décembre 2019

La réforme permanente

Le trotskisme n’est pas mort, il est devenu réformiste. Les meilleurs héritiers de Trotski se trouvent parmi les libéraux qui ont remplacé la révolution permanente par la réforme permanente.

00:06 Publié dans Politie | Lien permanent

mardi, 10 décembre 2019

Du centrisme comme radicalisme

Le centrisme a évolué à l’inverse du radical-socialisme : il s’est mué en réformisme radical tandis que l’autre est devenu, comme par antiphrase, synonyme de modérantisme. Aujourd'hui, un centriste est le contraire d’un modéré.

00:10 Publié dans Politie | Lien permanent

mercredi, 31 juillet 2019

Jean-Jacques Henner en son musée parisien

Un hôtel particulier construit dans le style Louis XIII au XIXe siècle abrite les principales œuvres de ce peintre d’origine alsacienne qu’on peut qualifier de symboliste par défaut. Du symbolisme, il y a bien dans son œuvre : des postures de femmes le plus souvent seules et nues symbolisent des personnages ou des scènes mythologiques. Mieux encore, c’est la femme qui est sacralisée dans le plus simple appareil selon un système de représentation associant une bichromie (la blancheur nacrée des chairs et la rousseur incandescente des cheveux) à un tremblé produisant une impression de flou. Sans doute y a-t-il un abus du flou dans certains cas (voir Eglogue) ; mais il faut imaginer que le peintre l’a conçu comme un discret camouflage de la nudité (voir Le Rêve ou Nymphe endormie) et peut-être aussi comme une manière de rendre le trouble de la perception. Ce serait alors la concession à la modernité d’un artiste passé par Rome selon les usages les plus classiques et qui a trouvé une bonne partie de son inspiration dans la grande peinture italienne. Il reste que les nus de Henner, tout en s’inscrivant dans la tradition des Vénitiens, méritent pour certains d’entre eux (La Liseuse notamment) d’être regardés – positivement – comme des érotiques.

08:52 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent

jeudi, 27 juin 2019

A propos du charme de Modiano

Modiano charme par son rapport au temps, fait de nostalgie et de regret, qui, nonobstant la question de la double identité, est plus universel que particulier dans le fond. L’origine de son succès et même de son statut – certes pas usurpé, mais quelque peu gonflé – de classique contemporain ne s’explique pas autrement. D’autant que sa sensibilité délicate et névrotique à la fois s’exprime dans un style simple, presque naïf, pour ne pas dire sans relief, au contraire de celui de Balzac ou de Proust, qui ont donné de plus belles pages sur l’irréversibilité ou la fuite du temps.

09:05 Publié dans Lettres | Lien permanent

dimanche, 26 mai 2019

Ce qu'est la démocratie chrétienne devenue

Les vieux démocrates-chrétiens sont devenus des libéraux sociétaux. Ils ont remplacé l’eau bénite par le spritz.

15:02 Publié dans Politie | Lien permanent

samedi, 25 mai 2019

Toujours plus de Progrès

Tous les grands désastres contemporains sont ceux de l’idée de progrès. Il se trouve pourtant des progressistes pour croire que ces désastres résultent au contraire d’un défaut de progrès et que le progrès doit aller encore plus loin. – Les marxistes avaient le même raisonnement devant la faillite du système communiste.

16:59 Publié dans Civilisation | Lien permanent

dimanche, 07 avril 2019

Du bel orientalisme à Marmottan

Tout commence par Ingres et sa Petite baigneuse qui donne le la de l’exposition, puisque s’y trouvent réunis tous les éléments d’un orientalisme intérieur : sensualité, enfermement et mystère ; mais on voit un demi-siècle plus tard le chemin qu’a parcouru cet orientalisme à travers Le Massage, scène de hammam d’Edouard Debas-Ponsan où les trois éléments se fondent dans la représentation d’un fantasme sexuel (une femme nue allongée sur le ventre est massée par une Nubienne aux seins nus). Mais il est un autre orientalisme, extérieur cette fois, qui se caractérise par le désert, la désolation et la lumière, dont l’un des peintres les plus remarquables est Eugène Fromentin, comme dans sa Rue Bab-el-Gharbi à Laghouat où des personnages allongés à l’ombre d’une grande lumière font penser à des corps au repos aussi bien qu’à des cadavres après un massacre. Deux orientalismes s’opposent ainsi, l’un centré sur la figure, l’autre sur le paysage, tendus respectivement vers la géométrie et la lumière. Pourtant, les deux orientalismes finissent par se rejoindre en suivant la voie de la liberté ou de la simplification des formes dans une sorte de pré-abstraction, comme dans Oriental de Kandinsky, qui est un bel assemblage de couleurs, ou Minaret à Sidi Bou Saïd de Marquet, où le bord de mer devient une réalité à deux dimensions. L’Orient qui était un autre monde n’est plus qu’un objet comme un autre pour un Occident reconstructeur ou déconstructeur de formes.

11:08 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent

dimanche, 10 mars 2019

De la mauvaise compassion

La compassion pour la maladie est devenue elle-même maladie.

16:30 Publié dans Civilisation | Lien permanent | Tags : sentences

vendredi, 08 mars 2019

Le temps des émotions

Il ne reste que l’émotion lorsque le langage est surveillé et la pensée cadenassée. Elle sert à exprimer ce qui ne peut être dit parce que c’est interdit. L’émotion est une des formes d’expression de l’impuissance.

21:36 Publié dans Civilisation | Lien permanent

lundi, 18 février 2019

Un homme nouveau

On croyait être sorti du mythe de l’homme nouveau, mais on y est revenu par la voie paradoxale de la déconstruction.

00:14 Publié dans Civilisation | Lien permanent

vendredi, 18 janvier 2019

Une terreur virtuelle

On ne vit pas seulement une transition historique, mais aussi une révolution qui n’a peut-être pas de précédent dans l’Histoire parce qu’elle se fait au moyen d’une terreur virtuelle.

16:12 Publié dans Civilisation | Lien permanent

samedi, 24 novembre 2018

Ce qu'il reste des vertus théologales

Des trois vertus théologales, il ne reste plus guère que la charité, la foi s’étant perdue et l’espérance éloignée. Et qu’est donc la charité sans la foi ni l’espérance ? De la compassion.

09:47 Publié dans Faux-semblants | Lien permanent

jeudi, 15 novembre 2018

Un nouveau Moyen Age musical

Il existe une correspondance entre la forme de la musique et la conception du temps. Ainsi la forme répétitive de la musique médiévale répondait-elle à une conception cyclique du temps, notamment assise sur le cycle des saisons et sur ceux de la liturgie chrétienne. En revanche, la musique répétitive contemporaine paraît à contretemps d’une conception linéaire du temps, liée non pas à l'idée du Salut mais à celle du Progrès, à moins de la regarder comme symbolique d’une crise de la modernité. En ce cas, on pourrait parler d’un nouveau Moyen Age musical.

14:24 Publié dans Clef de sol | Lien permanent

dimanche, 14 octobre 2018

De la correction politique

L’élargissement du monde est aussi un rétrécissement qui explique la logique de la correction politique. Une forme dégradée de la politesse s’impose presque d’elle-même dans un monde réduit aux dimensions d’un grand salon.

10:08 Publié dans Civilisation | Lien permanent

vendredi, 28 septembre 2018

De la misanthropie comme droit de l'homme

La misanthropie devrait être reconnue comme un droit de l’homme avant qu’il ne soit trop tard.

10:19 Publié dans Divertissement | Lien permanent

mardi, 28 août 2018

Basse politique

Beaucoup de faits politiques se situent en dessous du simple fait divers.

10:44 Publié dans Politie | Lien permanent

vendredi, 27 avril 2018

Bergman vs Tarkovski

La dialectique n’est pas la même : le duo ou le duel a la préférence de Bergman (comme au théâtre) tandis que le trio est privilégié par Tarkovski (comme sur le modèle de la trinité) et dont le troisième membre peut être l’esprit du cosmos. L’un met en scène des huis clos, des affrontements psychologiques, des accouchements de vérité dans la douleur ; l’autre, des intérieurs lumineux ou des paysages foisonnants, des images qu’on pourrait dire iconiques, des dialogues énigmatiques dont le sens est ouvert vers un au-delà. La métaphysique du premier est tout intérieure alors que celle du second est plus cosmique.

14:09 Publié dans Kino | Lien permanent

vendredi, 30 mars 2018

La liberté de dire ou ce qu'il en reste

Il est devenu difficile voire impossible de parler dans l’espace public des différences, ce qui est un paradoxe puisqu’on ne cesse de célébrer en même temps la Différence. Il n’est plus seulement possible d’évoquer les différences entre les hommes et les femmes, les hétérosexuels et les homosexuels ou encore entre les nationaux et les étrangers, pour prendre les trois domaines les plus sensibles. Résultat : rien n’est dit que de convenu. Par convenu, il faut entendre ce qui est admis sous un régime d’égalité et d’indifférenciation. Cela donne une nouvelle forme d’hypocrisie que l’on pourrait néanmoins rapprocher de la vieille hypocrisie bourgeoise (on professe une morale à laquelle on ne croit pas et que l’on contredit dans les faits), mais aussi de la dissimulation en usage dans les pays dictatoriaux (on tient un discours auquel on ne croit pas de peur de perdre sa position sociale voire d’être poursuivi en justice).

11:16 Publié dans Civilisation | Lien permanent