samedi, 13 août 2005
Galanterie et parité
La meilleure façon de concilier galanterie et parité est encore de laisser passer une femme sur deux devant soi.
10:25 Publié dans Diplomatie | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 12 août 2005
Pitié pour soi-même
Avec l’âge, la pitié qu’on éprouve pour les autres vient de celle qu’on éprouve pour soi.
12:05 Publié dans Ultima ratio | Lien permanent | Envoyer cette note
jeudi, 11 août 2005
Chiasme grammatical
Dans les bonnes familles, il arrive encore que l’on vous reprenne quand vous parlez de la pharmacienne : " C’est la femme du pharmacien… " De nos jours pourtant, la pharmacienne est souvent le pharmacien, et le pharmacien parfois la pharmacienne – le mari du pharmacien.
11:53 Publié dans Genres | Lien permanent | Envoyer cette note
Les lâchetés de nos vingt ans
On a des lâchetés à vingt ans, non parce qu'on manque de courage, mais parce qu'on manque de principes.
11:30 Publié dans Sophia | Lien permanent | Envoyer cette note
mercredi, 10 août 2005
Quelle peur ?
Les peurs sans rapport avec la mort ne sont pas sérieuses.
15:05 Publié dans Ultima ratio | Lien permanent | Envoyer cette note
lundi, 08 août 2005
Petites et grandes satisfactions
A force d’avoir des satisfactions dans les petites choses, on ne sait plus en avoir dans les grandes.
10:50 Publié dans Sophia | Lien permanent | Envoyer cette note
samedi, 06 août 2005
Pour Huguenin
Il n’est pas toujours bon pour un écrivain de mourir jeune. Il peut avoir du génie, la mort prématurée ne le met pas à l’abri des reproches. Jean-René Huguenin est le moins épargné des écrivains partis trop vite.
Son unique roman, La Côte sauvage ? Rien que l’amour platonique d’un jeune homme pour sa sœur. Un mélange de mièvrerie et d’ambiguïté comme il y en aurait trop, de Chateaubriand à Nimier, dans la littérature réputée de droite. Ben voyons ! Le charme de l’amertume, la force secrète qui se dégagent du livre, tout cela est bien vite oublié.
Son Journal, pourtant préfacé par Mauriac ? Les carnets d’un jeune homme plus noir que vert, cultivant des admirations droitières en littérature. Le mot parfois est lâché : un peu facho sur les bords. La belle affaire ! Il suffit d’aimer tout ensemble Nietzsche, Barrès, Péguy et Bernanos pour déjà être suspect. Pris séparément, cela peut se discuter.
Au fond, il est reproché à Huguenin de ne marcher qu’à des principes martiaux : la volonté, la force, la discipline. Ne sont-ce pas les principes de tous les grands écrivains ? Mais non ! Tout cela, même mis au service de la littérature, sentirait trop son idéologie fasciste. Huguenin peut bien être gaulliste, cela n’a pas d’importance. Huguenin peut bien fréquenter les églises, cela ne compte pas.
Evidemment les autres, les Claudel, Malraux ou Mauriac, ont des excuses. Certaines ambiguïtés de jeunesse ont été oubliées ou dépassées. Et puis, ils ont un nom, une réputation qu’on n’attaque pas. Pas de cette manière-là en tout cas. Huguenin n’a pas ces protections. Sa jeunesse, au lieu de lui être un atout, lui est un handicap.
Tel quel, même la participation à cette manière d’avant-garde critique, ne suffit pas à le sauver. Des lecteurs qui ont des préjugés contre la force lui font une méchante réputation par ce bouche à oreille qui compte autant pour les lettres que pour les arts, et qui fait le succès ou l’insuccès des œuvres.
Après tout, l'insuccès en des temps de médiocrité triomphante n’est pas une infamie. L’oubli sans doute est préférable au malentendu. Mais le discrédit reste une injustice qu’il convient de réparer. Il revient à ceux qui l’aiment de dire qu’avec une œuvre courte et forte, brutalement interrompue dans son élan, Huguenin continue d’incarner une belle idée de la littérature au milieu du grand marasme.
18:55 Publié dans Lettres | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 05 août 2005
La conscience cachée
Personne n'a peut-être plus conscience de la vanité de la littérature que l'écrivain. Mais son art consiste à ne pas le laisser paraître.
00:30 Publié dans Lettres | Lien permanent | Envoyer cette note
L'autre siège de l'amour
On aime une musique parce qu'on la retient. Pour la musique, le siège de l'amour est la mémoire.
00:27 Publié dans Clef de sol | Lien permanent | Envoyer cette note
jeudi, 04 août 2005
L'autre surdité
Sans la musique, nous serions sourds à beaucoup de choses.
10:30 Publié dans Clef de sol | Lien permanent | Envoyer cette note


