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dimanche, 29 octobre 2006

Histoires de peinture

La peinture italienne : un long été suivi d’un bel automne. La peinture flamande : un beau printemps suivi d’un lourd été. La peinture allemande : une histoire à trois temps comme un triptyque gothique. La peinture hollandaise : un âge d’or et un héros moderne. La peinture espagnole : deux âges d’or séparés par un génie noir. La peinture anglaise : deux âges d’argent suivis d’un âge de bronze. La peinture française : une longue ascension achevée en moderne apothéose. La peinture américaine : une divertissante postface, la fin de la peinture.

Commentaires

Impossible de dresser un verdict plus concis et précis !
Tout ceci prouve une chose qui reste juste, qu'il s'agisse de tableaux ou de fabliaux, - c'est le climat permanent, et non pas une saison contingente, qui détermine la valeur d'une oeuvre ou d'un homme.

Ecrit par : Tartare | lundi, 30 octobre 2006

Un climat hors (de) saison en quelque sorte. Mais un tel climat n'est-il pas encore trop temporel pour caractériser le chef-d'oeuvre ?

Ecrit par : Le Uhlan | mardi, 31 octobre 2006

Eh oui, cette intemporalité s'appelle, pour certains de nos amis communs, - l'Eternel Retour : le culte de l'intensité acclimatée, au détriment des "réchauffements globaux" dus à la bougeotte ambiante. Le contact musical avec le chaud chaos d'un climat "local".

Ecrit par : Tartare | mardi, 31 octobre 2006

Ce que j'aime bien chez les moralistes comme vous, par rapport aux philosophes purs, c'est que parfois ils prennent le risque de dire n'importe quoi.

Ecrit par : Lapinos | mardi, 31 octobre 2006

Venant de vous Lapin, je prends cela comme un compliment !

Ecrit par : Le Uhlan | mardi, 31 octobre 2006

C'était un compliment, en effet, mais je m'attendais plutôt à ce que vous me disiez qu'il n'y a pas besoin d'être moraliste pour dire n'importe quoi.

N'êtes vous pas un peu las en ce moment, Uhlan ? Moi ça va plutôt pas mal malgré la connerie ambiante.

Ecrit par : Lapinos | mardi, 31 octobre 2006

Bonsoir M. Ulhan
Bonsoir M. Lapinos
Alors comme ça je suis gratinée ! ☼
Désolée pour le pauvre garenne écorché !
Que voulez-vous, c'est plus fort que moi, écorcher les lapins est au-dessus de mes forces. Quant à ma peinture impressionniste ! Difficile de " n'être pas " dans la contingence!
Non!
Bien à vous

Ecrit par : Isabelle des Charbinières | mardi, 31 octobre 2006

Lapinos n'aime pas la philosophie parce qu'il trouve ses réponses enfantines. Mais la philosophie est toute de questions ; elle est l'intérêt qu'on porte aux approfondissements ou rehaussements sans fin des "Qui", "Quoi", "A quoi bon", "Pourquoi (pas)", "Au nom de quoi" et l'ironie, pour ne pas se décourager à la station finale qui, le plus souvent, a des noms peu glorieux d'impasse, de vide ou de ruines, de point zéro des idées, de retour au point de départ, d'absence de fondations ou de toits.
Se moquer de la philosophie est comme se moquer des problèmes en déclarant sa préférence pour des solutions. Et si encore, en fuyant un problème à dormir debout, on se réfugiait auprès d'un mystère à nous faire rêver, - mais non, le refus de la philosophie signifie, le plus souvent, insensibilité ou incapacité et du rêve et du mystère.
La poésie est philosophie des réponses. La philosophie est poésie de l'interrogation.

Ecrit par : Tartare | mardi, 31 octobre 2006

Las de quoi, lapin ? Il vaut mieux rire que pleurer.

Le lapin, tout sympathique qu'il soit, n'aime que sa peinture ou les peintres dont il a seul le droit de parler, Isabelle, et il est imperméable à la poésie du questionnement, Tartare.

Ecrit par : Le Uhlan | mardi, 31 octobre 2006

"Contingence" ? Je dirais plutôt "propagande", mais je dois bien admettre qu'en France la propagande fait désormais partie des mécanismes sociaux les plus intimes.

Quant à la "poésie du questionnement", elle est charmante chez un enfant, Tartare : « Dis, papa, pourquoi maman elle est morte ? », c'est très touchant en effet.
Que les enfants soient des philosophes, je crois que ça s'explique en partie par l'absence de notion qu'ils ont de l'espace et du temps. Mais, chez un adulte, la "poésie du questionnement", comme vous dites, a tendance à m'exaspérer, c'est vrai. Pour peu que cet adulte fasse carrière dans les arts plastiques, je ne vous cache pas que je peux même éprouver l'envie irrépressible de lui botter le cul.

Pour revenir à Mlle des Charbinières (je présuppose toujours une plus grande intelligence de la vie chez un peintre, c'est un tic, ne faites pas attention), je pense qu'elle a remarqué l'importance que les peintres un tant soit peu adultes accordent à l'espace et au temps ?

Ecrit par : Lapinos | jeudi, 02 novembre 2006

Lapinos, une vision trop "politicienne" de l'existence enfume votre terrier.

Ecrit par : Ordet | jeudi, 02 novembre 2006

L'existence ? Quelle existence ? Je ne crois pas à l'existence mais à la vie.

Ecrit par : Lapinos | jeudi, 02 novembre 2006

"Un tant soit peu adulte "!!
C'est fumeux Lapin

Ecrit par : Mlle des Charbinières | jeudi, 02 novembre 2006

Vous voulez parler du sfumato de l'âge d'or ? J'ai peur de devoir donner des noms, Mlle, et que nous soyons si tôt fâchés.

Ecrit par : Lapinos | jeudi, 02 novembre 2006

Et bien Lapin machouillez votre luzerne et restez silencieux dans votre terrier!
Eh là! Rentrez donc vos oreilles je les vois d'ici, elles dépassent!
http://childrens-web.net/oeuilles/jackets/vynils/jacket/normal/C/chantal%20goya%20lapin.JPG

Ecrit par : Mlle des Charbinières | jeudi, 02 novembre 2006

Oui, c'est à peu près comme ça que je vous imagine.

Ecrit par : Lapinos | vendredi, 03 novembre 2006

Le penseur biauriculaire voit dans "l'espace et le temps" les notions les plus vitales. Comme tout honnête préposé au cadastre ou aux éphémérides. On sait maintenant qui va "botter le cul" aux enfants qui, dans un virage, auraient raté une "relation spatiotemporelle".
Pourtant, c'est bien en géométrie qu'il s'égare : l'enfant étend le questionnement, le philosophe l'approfondit, le poète le rehausse. Quand on confond ces dimensions, on ne vit ni n'existe que dans son temps. On devient linéaire ou co-planaire de son époque.
Dieu merci, ce n'est pas le cyberespace qui tracasse l'oeil ou l'oreille intemporels ! Tant de liens - ou vitaux ou existentiels ! - où la chronométrie le cède en frissons à l'invention d'unités de mesure !

Ecrit par : Tartare | samedi, 04 novembre 2006

L'enfant étend le questionnement, est-ce un lapsus Tartare !?
Etendre le questionnement !!
Le philosophe l'approfondit, le poète le rehausse et le peintre... l'étend !

Ecrit par : Isabelle des Charbinières | samedi, 04 novembre 2006

Le philosophe l'approfondit, le poète le rehausse et le peintre l'entend
http://isabelledescharbinieres.hautetfort.com/album/vacuite/n-3.3.html

Ecrit par : Isabelle des Charbinières | samedi, 04 novembre 2006

La question est un arbre : le philosophe en remue les racines, le poète le fait tendre vers le ciel, l'enfant en multiplie - étale - les ramages.
Et le peintre en fixe le témoin du temps, les fleurs.
La réponse y substitue tout, des feuilles-variables à la sève-constante.
"Le tableau est fini quand il a effacé l'idée" - G.Braque.

Ecrit par : Tartare | dimanche, 05 novembre 2006

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