samedi, 21 mars 2026
Le Présent antérieur
La temporalité intérieure se distingue fondamentalement de la temporalité extérieure. Alors que celle-ci s'ordonne ou se divise en trois temps, celle-là se laisse dominer par un ou deux temps : un passé qui ne passe pas et un avenir qui n'est pas encore arrivé (pensons au mot de Pascal : « Nous ne nous tenons jamais au temps présent. »). Le présent intérieur, lorsqu'il n'est pas qu'un flux de conscience, s'absorbe dans un présent antérieur, conscient ou inconscient, qui est celui de la mémoire et qui peut redevenir un présent tout court par la force de l'évocation ou de l'émotion jusqu'à occulter la temporalité extérieure.
12:03 Publié dans Philosophia | Lien permanent
dimanche, 08 mars 2026
Le Feu sacré de l'égalité
Le discours sur l’égalité entre les hommes et les femmes a tout du discours révolutionnaire qui ne finit jamais. La révolution a beau avoir eu lieu, elle est toujours en marche, comme si l’horizon de la nouvelle humanité ne faisait jamais que reculer. Cela vaut évidemment pour l’égalité entre tous et toutes qui, dans sa forme absolue, est un mythe que l’on entretient comme un feu sacré. Et tant pis si ce feu dévore l’humanité de l’intérieur jusqu’au péril de son extinction.
17:44 Publié dans Jeu de massacre | Lien permanent
mercredi, 04 mars 2026
L'ironie comme une ressource consolatrice
« Plus vous serez intelligent et plus vous souffrirez. » Schopenhauer prenait tout au tragique. Il savait être caustique ou mordant (comme en témoigne son art de l'insulte), mais il lui manquait la bonne légèreté. Nietzsche l'a bien compris, qui s'est affranchi de son premier maître. L'intelligence n'est une souffrance que pour les esprits sombres ou lourds, ou ceux qui se laissent gagner par l'esprit de pesanteur. Si elle nourrit fatalement le pessimisme, l'intelligence donne aussi aux esprits supérieurs une ressource consolatrice : l'ironie.
09:42 Publié dans Philosophia | Lien permanent | Tags : ironie, schopenhauer, nietzsche

