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lundi, 26 octobre 2015

La Matrice de Scorsese

Who’s that knocking at my door est le premier long métrage de Martin Scorsese (1967), et tout ce qui caractérise le réalisateur s'y trouve déjà. Il y a tout d'abord un style bien à lui, plutôt rapide, nerveux, voire syncopé, à la ressemblance de sa volubilité naturelle. Il y a aussi et surtout les thèmes ou les lignes de force qui ordonneront, alternativement ou cumulativement, tous ses films à venir : le poids de la communauté, la prégnance de la religion, l’initiation par la violence, la solitude au sein du groupe, l’enfermement dans la névrose.

Mais ce film prometteur, brillant et brouillon à la fois, fait mieux qu’annoncer une œuvre en devenir ; il témoigne significativement de l’évolution du cinéma américain de la seconde moitié des années 1960, qui se renouvelle alors par des emprunts à l’avant-garde européenne (la Nouvelle Vague française), tout en rendant hommage aux grands anciens de Hollywood comme Ford ou Hawks. A ce mélange des influences, Scorsese a toutefois ajouté une veine expérimentale qui se voit dans des scènes intimistes (notamment celle des acrobaties sexuelles au son des Doors), comme pour montrer que sa singularité ne tenait pas qu'à la dimension communautaire de son inspiration.

11:07 Publié dans Kino | Lien permanent | Tags : scorsese