mardi, 29 novembre 2005
Une limite raisonnable
La liberté de faire l’amour s’arrête là où commence la migraine de l’autre.
10:20 Publié dans Eros | Lien permanent | Envoyer cette note
lundi, 28 novembre 2005
Le mystère Monsù Desiderio
Les tableaux de Monsù Desiderio ne sont pas seulement de belles marqueteries à contempler. Il y a de la métaphysique derrière cette physique toute baroque, de l'ésotérisme encore à percer derrière cet esthétisme très daté. Ce monde-là, comme celui de Piranèse qu'il annonce, est entre la rêverie et le cauchemar, la vision et la prophétie, et la question reste ouverte sur les intentions, métaphysiques ou politiques, de ces deux peintres qui n'en font qu'un, ajoutant ainsi du mystère au mystère. Bref, c'est le mystère fait art.
10:25 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 25 novembre 2005
La vérité du secret
Nous n’avons jamais de secrets que pour nos proches. Les secrets nous protègent de ceux qui nous connaissent.
12:10 Publié dans Sophia | Lien permanent | Envoyer cette note
mercredi, 23 novembre 2005
Entre hommage et profanation
Devant un beau corps de femme, on hésite toujours entre l’hommage et la profanation.
10:16 Publié dans Eros | Lien permanent | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
Mesure des soucis
Il faut avoir assez de soucis pour ne pas trouver la vie courte, mais pas trop pour ne pas la trouver longue.
10:30 Publié dans Sophia | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : moralistes
jeudi, 17 novembre 2005
La fausse sérénité de Magritte
L’œuvre de Magritte, qui dénonce la fiction de la représentation, est elle-même trompeuse. La fixité de son style fait croire à une immobilité de l’esprit comme son ironie à une sérénité profonde. Dès le départ, il est vrai, apparaissent les dominantes de sa peinture : pureté des lignes et des couleurs, étrangeté des situations, éloquence des titres, obsession du bleu horizon, omniprésence des nuages. La dynamique de l’œuvre de Magritte, il ne faut pas la chercher comme pour la plupart des peintres dans une diachronie, mais dans une synchronie. C’est un mouvement permanent qui la commande, qui alternativement met la réalité au bord du rêve et le rêve au bord du cauchemar.
L’étrangeté, faussement tranquille, peut devenir inquiétante. En vérité, la menace n’est jamais loin. Elle apparaît évidemment dans La Bataille de l’Argonne qui doit être rapprochée de La Vie ordinaire : dans un cas, un nuage et un rocher placés parallèlement surplombent un paysage campagnard endormi ; dans l’autre, le rocher est placé au-dessus du nuage qui le cache d’une boule argentée symbolisant la fleur chez Magritte. La menace est réduite à sa plus simple expression dans La Malédiction où elle prend la forme d’un unique cumulus. Généralement, elle apparaît dans un contraste entre l’azur et la nuée, mais aussi dans une double temporalité, entre la permanence et la finitude. Même figée dans le marbre, la beauté du monde toujours est menacée : un nuage n’est jamais loin d’un buste de femme à l’antique. Insaisissable et flottant comme un nuage, le temps devient lourd et écrasant comme la pierre dont est faite une pyramide de lettres (L’Art de la conversation IV) ou une chaise monumentale où repose une petite chaise en bois (La Légende des siècles).
L’insolite néanmoins l’emporte sur l’inquiétant, qu’il prenne la forme d’un visage caché par une pomme (Le Fils de l’homme) ou d’une pluie d’hommes au chapeau melon (Golconde). Même sous la nuée menaçante, le monde peut s’irréaliser en se dédoublant comme dans L’Empire des lumières, où un ciel de jour se superpose à un paysage de nuit éclairé par un lampadaire de ville. D’une manière plus éclatante encore, l’imaginaire triomphe du réel dans Le Château des Pyrénées, qui couronne un rocher en lévitation au-dessus de la mer et qui logiquement, tout comme les châteaux construits en Espagne qu’il symbolise, pourrait avoir pour sous-titre : le rêve plus fort que la mort. C’est ce qui fait de Magritte en dernière analyse un peintre profondément surréaliste, au fond un poète plus qu’un métaphysicien.
12:50 Publié dans Beaux-arts | Lien permanent | Envoyer cette note
lundi, 14 novembre 2005
Variations sur le voile
Une nouvelle édition du Dictionnaire des idées reçues accueillerait le mot voile avec cette définition : "Il souligne ce qu’il cache."
Une femme musulmane qui, en France, se couvre pour ne pas être sexuellement provocante ne craint pas de l’être autrement - elle cherche même à l’être le plus souvent. C’est la première contradiction du port du voile qui en révèle toute l’imposture, le voile censé masquer (ou souligner…) une différence sexuelle ne servant qu’à accuser une différence culturelle. Il est une seconde contradiction que symbolise malgré elle la femme voilée qui simultanément manifeste, par le port du voile, son rejet de la civilisation occidentale et, par sa présence ici, son attachement à cette même civilisation. Comme s’il s’agissait pour elle, dans un curieux rapport d’intérêts, de limiter les avantages de la civilisation occidentale en retournant un inconvénient de la civilisation musulmane en avantage contre l’Occident.
Si l’on voile les femmes, pourquoi ne pas voiler les femelles dans le monde animal ? Cela permettrait aussi de les reconnaître plus facilement.
11:10 Publié dans Genres | Lien permanent | Envoyer cette note
samedi, 12 novembre 2005
Le prépuce du pain
Le croûton du pain est l’un des derniers privilèges revendiqués par les femmes. Ce privilège, pour dérisoire qu’il soit, n’en est pas moins savoureux. Quelque bon psychanalyste verrait dans le croûton le prépuce du pain.
10:55 Publié dans Divertissement | Lien permanent | Envoyer cette note
jeudi, 10 novembre 2005
L'autre clandestinité
La France d’aujourd’hui nous invite à renouer avec l’esprit de clandestinité, à retrouver le peuple de l’ombre, à redécouvrir de vieilles liaisons secrètes.
17:10 Publié dans Civilisation | Lien permanent | Envoyer cette note
lundi, 07 novembre 2005
La barbarie vue par la sociologie
Violence en bande, viol collectif, destruction par le feu : on a toujours appelé cela barbarie. En langage de sociologue, on appelle cela misère et mal de vivre.
17:35 Publié dans Civilisation | Lien permanent | Envoyer cette note


